
Le fait
Bleu Robotics, start-up parisienne qui développe des modèles d’IA pour les humanoïdes industriels, a levé 5 millions d’euros en amorçage, annoncés le 29 octobre 2026. Le tour est mené par Contrarian Ventures et OVNI Capital, avec Kvanted, WEPA Ventures, Motier Ventures et l’investisseur Charlie Songhurst.
Contexte
Plutôt qu’un modèle géant entraîné sur des millions d’exemples, Bleu mise sur un apprentissage abductif : le robot déduit l’intention la plus probable derrière une démonstration (le but, les contraintes) et apprend une nouvelle tâche à partir d’une dizaine de démonstrations d’un opérateur. L’entreprise revendique une précision supérieure à 99 % et un fonctionnement explicable, deux exigences de la sécurité industrielle. Le logiciel s’adapte à n’importe quel humanoïde ; l’opérateur enseigne au poste de travail avec des pinces portatives, sans programmation. L’objectif affiché est de ramener le déploiement complet à une heure au plus.
La société a été fondée en décembre 2025 par Benoît Berkoukchi, passé par les lignes d’assemblage de Renault, et Jean-Baptiste Mouret et Serena Ivaldi, directeurs de recherche à l’Inria. Elle travaille déjà avec deux grands industriels.
Pourquoi ça compte
Le frein des humanoïdes en usine n’est plus la mécanique mais le logiciel : chaque nouvelle tâche demande des données et du temps. Une méthode qui apprend vite, sur place, change le calcul pour les petites séries.
Lecture Neurone21
Les chiffres de précision et de délai sont ceux de l’entreprise, pas d’un audit. Mais l’approche, peu de données et des décisions explicables, colle bien aux PME industrielles françaises, qui n’auront jamais des millions d’exemples de leurs gestes.