
Le fait
Le gouvernement du Canada a annoncé le 29 octobre 2026 un investissement en capital pouvant atteindre 1,6 milliard de dollars canadiens, versé par étapes, dans l’éditeur de modèles Cohere. Il participe à une série E dont la première clôture vise jusqu’à 7 milliards de dollars canadiens, pour une valorisation de 35,7 milliards. Le tour est mené par le groupe Schwarz (Lidl, Kaufland), avec Bell Ventures, Bullhound et, parmi les anciens investisseurs, Inovia, NVIDIA et Prosperity7. Selon Cohere, c’est le plus gros tour privé de l’histoire du Canada.
Contexte
En échange, Cohere s’engage à créer au moins 1 000 emplois et à dépenser au moins 1,7 milliard de dollars canadiens en calcul au Canada d’ici 2030, à rester constitué et basé au Canada, et à travailler avec l’Institut canadien de sécurité de l’IA. L’entreprise revendique un revenu récurrent annuel en hausse de 165 % sur un an et 300 clients, vingt fois plus qu’avant. Elle vient de fusionner avec l’allemand Aleph Alpha. CBC note que le montant effectivement engagé à ce stade n’est pas publié.
Pourquoi ça compte
C’est un État qui achète une part de son champion de l’IA, avec des conditions écrites sur l’emploi et l’emplacement du calcul. L’arrivée d’un distributeur européen en tête du tour montre aussi que l’axe Canada-Allemagne, ouvert avec Aleph Alpha, devient une alternative aux laboratoires américains pour les entreprises et les administrations.
Lecture Neurone21
Cohere vend précisément ce que demandent les clients sensibles : des modèles déployés chez eux, jusqu’en réseau isolé (voir notre billet sur North 2). Le soutien public renforce cette promesse, mais il ne dit rien de la qualité des modèles face à la concurrence, qui reste à juger sur pièces.