
Le fait
Selon Bloomberg, repris le 12 octobre 2026 par Quartz, le laboratoire chinois DeepSeek s’apprête à mener le tour d’amorçage de Winverse AI, une start-up encore discrète qui développe des modèles d’IA pour robots. L’opération valoriserait Winverse à environ 400 millions de dollars après investissement. Long-Z Investments, le fonds de Meituan, se serait aussi engagé.
Il s’agit d’une information de presse fondée sur des sources anonymes : Bloomberg précise que la valorisation et la liste des investisseurs peuvent encore changer. Ni DeepSeek, ni Long-Z, ni le fondateur n’ont répondu.
Qui est Winverse
Winverse a été fondée en 2026 par Hu Han, qui dirigeait chez Tencent les équipes de modèles vision-langage et de modèles de fondation incarnés. Docteur de l’université Tsinghua, il est passé par Microsoft Research Asia et Baidu. Son départ de Tencent coïncide avec la réorganisation de la recherche en IA du groupe.
DeepSeek, de plus en plus robotique
Le tour serait financé avec une partie de la levée de DeepSeek lui-même, qui serait proche de réunir au moins 80 milliards de yuans, soit environ 12 milliards de dollars, avant une introduction en Bourse envisagée début 2027. Ces fonds visent d’abord l’entraînement et les centres de données, mais pourraient soutenir des start-up pour du développement conjoint.
Ce ne serait pas un coup isolé : DeepSeek a pris 2,31 % d’Unitree Robotics avant son introduction à Shanghai en août, avec un engagement de conservation de 36 mois, trois fois plus long que la plupart des autres investisseurs stratégiques.
Le contexte
Bloomberg souligne un déséquilibre : la Chine dispose d’une base industrielle solide pour le matériel des humanoïdes, mais la couche logicielle, les modèles qui permettent à un robot de comprendre une consigne et d’agir dans le monde réel, reste moins avancée. Aux États-Unis, Skild AI et Physical Intelligence, qui développent ces cerveaux génériques, seraient valorisées respectivement 14 et 5,6 milliards de dollars.
Lecture Neurone21
Si l’opération se confirme, un des laboratoires de modèles les plus suivis au monde placerait ses pions sur le cerveau des robots, et non plus seulement sur leur fabricant. Le signal est stratégique : la bataille de l’IA physique se déplace vers les modèles, là où la Chine accuse un retard. À suivre avec prudence tant que rien n’est annoncé officiellement.