
Le fait
Le ministère indien de l’Électronique et des Technologies de l’information (MeitY) a présenté le 30 octobre 2026 à Bengaluru DEPA pour l’entraînement de l’IA (Data Empowerment and Protection Architecture), accompagné d’un guide. Principe : le modèle va aux données, et non l’inverse. Les données restent chez leur détenteur (hôpital, banque, administration) ; l’entraînement se fait dans une « salle scellée », un environnement de calcul sécurisé qui n’exécute que ce qu’autorise un contrat numérique. Le développeur récupère le modèle entraîné, ou seulement une décision, jamais les données.
Contexte
Le cadre a été développé principalement par iSPIRT, le groupe de réflexion bénévole qui a contribué à l’UPI, le paiement instantané indien. Lors du lancement, une banque a montré un pilote mené depuis mars 2026 : elle a repéré les clients d’une fintech éligibles à ses cartes de crédit avant de demander leur consentement, puis ne l’a demandé qu’à ceux qui avaient une vraie offre, soit plus de 2 millions de requêtes en deux semaines. Dans un autre pilote, des hôpitaux entraînent un modèle de détection de tumeurs sur des IRM que la start-up partenaire ne voit jamais.
Un officiel y voit une « troisième voie démocratique » entre les États-Unis, où les entreprises achètent les données, et la Chine, où l’État les met en commun. La gestion courante serait confiée à Samyog, un groupement professionnel animé par iSPIRT.
Pourquoi ça compte
Les données les plus utiles à l’IA, celles de santé et de finance, sont aussi les plus protégées. Ce cadre propose une méthode pour les exploiter sans les déplacer, ce qui est un enjeu de souveraineté autant que de vie privée.
Lecture Neurone21
Le cadre n’est pas contraignant, et le guide ne dit ni qui paie les détenteurs de données ni qui est responsable en cas de fuite. Mais l’idée est transposable : en Europe aussi, on peut entraîner un modèle sur place, chez le détenteur, plutôt que d’exporter des données sensibles.