
Le fait
National Grid a accepté fin octobre 2026 d’acheter 29,5 hectares de terrain à Dorman Point, sur la zone industrielle de Teesworks (nord-est de l’Angleterre), pour y construire un poste électrique de 400 kV, présenté comme le plus grand du Royaume-Uni. Le projet, baptisé Tees Dock, doit fournir plus de 1 gigawatt de capacité, notamment pour un data center d’IA voisin de près de 500 000 m² ; le maire de la région, Ben Houchen, parle de jusqu’à 3,2 gigawatts.
Contexte
National Grid a déposé en septembre une demande de permis de construire de principe auprès du conseil de Redcar and Cleveland. Une consultation publique sur les plans détaillés est prévue au printemps 2027, et la dépollution du terrain puis le chantier pourraient commencer fin 2027, sous réserve des autorisations. Selon le Guardian, Balfour Beatty serait pressenti pour le construire.
« Si la Grande-Bretagne veut vraiment sa propre capacité d’IA, avec des données sensibles stockées en sécurité sur le sol britannique, il faut un endroit physique pour l’installer », a déclaré Ben Houchen à Sky News, en souhaitant que ce soit Teesside plutôt que le Texas ou Abou Dhabi. Le gouvernement vient de publier un projet de doctrine nationale qui juge les data centers aussi essentiels que les chemins de fer et le réseau électrique.
Pourquoi ça compte
Le premier obstacle aux data centers d’IA en Europe n’est pas la puce, c’est le raccordement électrique : des projets attendent des années dans la file d’attente du réseau. Sans courant disponible, il n’y a pas de calcul souverain.
Lecture Neurone21
Le raisonnement vaut pour la France : la souveraineté de l’IA se joue aussi dans les postes électriques et les délais de raccordement. Le calendrier reste long (chantier au mieux fin 2027) et la contestation locale des data centers grandit au Royaume-Uni.