
Le fait
Le Financial Times a rapporté, les 2 et 3 novembre 2026 selon les reprises, que NVIDIA demande à ses clients de cloud et de centres de données de vendre au moins 51 % de leurs services à des entreprises non chinoises. Le journal cite cinq personnes au fait du dossier. La règle ne concernerait que les futurs contrats, pas les accords existants.
NVIDIA n’a ni confirmé ni démenti auprès de l’AFP. Son communiqué dit que « les centres de données et les clouds construits sur des puces américaines sont le socle dont les créateurs de modèles et d’applications américains ont besoin pour rivaliser dans le monde ». La porte-parole de la diplomatie chinoise, Mao Ning, a dit ne pas être au courant.
Contexte
Selon le Seoul Economic Daily, qui reprend le Financial Times, la consigne a été transmise ces derniers mois, à l’oral et non par écrit, par les équipes commerciales et régionales de NVIDIA, et vaut pour les clients du monde entier, pas seulement d’Asie. Le même journal ajoute que NVIDIA avait déjà réduit de plus de moitié le nombre de clients asiatiques autorisés à acheter ses puces d’IA, via une liste blanche, et cite un fournisseur basé à Singapour pour qui trouver assez de clients non chinois hors des États-Unis est difficile.
Le quotidien coréen rapporte aussi qu’un rack de puces B300, vendu environ 600 000 dollars sur le marché international, se serait échangé le mois dernier en Chine à 18,5 millions de yuans (environ 2,8 millions de dollars). Ce chiffre vient d’un seul média. Le titre NVIDIA aurait perdu plus de 13 % en un mois et cédé à Apple la première place mondiale en capitalisation.
Pourquoi ça compte
Les contrôles à l’exportation américains encadrent déjà la vente de puces. Cette consigne, si elle est confirmée, viserait la location de calcul à l’étranger, une voie que des entreprises chinoises utilisent pour entraîner des modèles avec des puces qui leur sont interdites à l’achat. Elle ne passe pas par une loi : c’est un levier contractuel du fournisseur dominant.
Lecture Neurone21
Nous l’avons classé en régulation, faute de rubrique plus juste : ce n’est pas une règle publique, mais une exigence privée qui prolonge la politique américaine. Elle repose sur des sources anonymes, des consignes orales et une entreprise qui ne confirme pas : on la lit au conditionnel. À suivre : une confirmation écrite de NVIDIA, la réaction des fournisseurs de cloud asiatiques et une éventuelle réponse de Pékin.