
Le fait
Le 23 octobre 2026, le patron de NVIDIA, Jensen Huang, était à Astana. Reçu par le président Kassym-Jomart Tokaïev, qui lui a remis l’ordre de l’Amitié (Dostyk) de premier degré, il a ensuite débattu en public avec Zhaslan Madiyev, vice-Premier ministre chargé de l’IA, au centre alem.ai.
Le même jour, la société d’infrastructures d’IA Firebird a annoncé avoir obtenu du gouvernement américain une licence d’exportation pour 45 000 puces Grace Blackwell (systèmes GB300) destinées au Kazakhstan.
Ce qui est prévu
La première phase sera construite avec l’opérateur national Kazakhtelecom dans la zone « Data Center Valley », pour une mise en service commerciale au troisième trimestre 2027. Firebird annonce une grappe de calcul pouvant atteindre 109 mégawatts, un investissement estimé à 5 milliards de dollars, plus de 130 emplois permanents et au moins 10 % de la capacité réservés aux entreprises et administrations kazakhes, ainsi qu’un laboratoire local, Firebird Labs Kazakhstan. Selon NVIDIA, une deuxième phase porterait le potentiel total à environ 500 mégawatts.
Contexte
Kazakhtelecom exploite déjà 400 puces H200 et 480 B300 à Astana et Almaty, et prévoit plus de 1 000 puces supplémentaires dans Data Center Valley ainsi que plus de 1 000 puces Vera Rubin à Ekibastouz l’an prochain, d’après NVIDIA. En juin, selon CNBC, Firebird évoquait un projet de 10 milliards de dollars et 100 000 puces dans le pays. La veille, Neurone21 relatait déjà un projet de taxis sans chauffeur avec Pony.ai et inDrive à Astana.
Pourquoi ça compte
Les puces les plus puissantes de NVIDIA ne sortent des États-Unis qu’avec une licence. En l’accordant pour 45 000 unités, Washington fait du Kazakhstan un allié technologique en Asie centrale, entre la Chine et la Russie.
Lecture Neurone21
Le modèle est le même que dans le Golfe : un État fournit le terrain, l’énergie et l’opérateur, un intégrateur américain apporte les puces sous licence. La souveraineté se négocie ici en part de capacité réservée, 10 %, plus qu’en propriété du matériel.