
Le fait
Dans un billet publié le 23 septembre 2026, puis dans des déclarations à Reuters, Octave Klaba, patron d’OVHcloud, explique pourquoi le groupe ne rejoint pas, en l’état, les consortiums français candidats aux gigafactories IA européennes. IT for Business a détaillé le 5 octobre ses arguments et la logique opposée du consortium AION, porté notamment par Scaleway.
L’appel d’offres européen, lancé par EuroHPC le 30 juillet, doit sélectionner jusqu’à sept gigafactories dans au moins sept États membres ; les dossiers sont attendus pour le 12 novembre 2026, pour une sélection début 2027.
Trois critiques
- Une logique trop nationale : « Toute stratégie nationale est vouée à l’échec », écrit Octave Klaba, faute de clients suffisants. OVHcloud raisonne à l’échelle européenne.
- Un site unique : le projet imposerait une seule adresse, une arrivée électrique, un bâtiment. Pour lui, ce design n’a de sens que pour le pré-entraînement ; le post-entraînement et l’inférence gagnent à être répartis sur plusieurs infrastructures indépendantes.
- Une commande publique « symbolique » : l’État et l’UE achèteraient 200 millions d’euros de services IA sur cinq ans, soit 40 millions par an, avec au moins 600 millions d’euros investis dans les seuls GPU. Selon son calcul, une gigafactory devrait réaliser 300 à 400 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel pour atteindre l’équilibre : la commande publique n’en couvrirait que 10 à 15 %.
Ce que propose OVHcloud
OVHcloud n’exclut pas d’y aller, mais seulement via un nouveau consortium réunissant de gros utilisateurs de GPU de son écosystème (OVHai, Shadow, Qwant, Gladia, Dragon LLM). Le groupe revendique 250 MW disponibles dans ses data centers et une stratégie IA en cinq couches, des GPU au SaaS.
Lecture Neurone21
Le débat est utile car il porte sur l’argent, pas sur les slogans. Deux nuances : IT for Business rappelle que ces 200 millions sont une hypothèse d’achats publics, pas une subvention de l’investissement ; et l’appel EuroHPC autorise des gigafactories sur un ou plusieurs sites, y compris transfrontaliers. La critique du site unique vise donc le montage français, pas le cadre européen. Pour les entreprises, la question pratique reste la même : qui vendra des heures de GPU souveraines à un prix compétitif, et quand.
Sources
- AI Gigafactory: 404 Business Model Not Found (yet)? — OVHcloud, Octave Klaba (23 septembre 2026)
- Gigafactories IA : derrière l’opposition d’OVHcloud, quelle équation pour l’Europe ? — IT for Business (5 octobre 2026)
- The EuroHPC Joint Undertaking launches the AI Gigafactories Call — EuroHPC JU (30 juillet 2026)