
Le fait
Le 3 octobre 2026, Dominic Davies, CEO de Lightbringer et avocat en brevets depuis vingt ans (plus de 300 brevets déposés en automatisation industrielle), signe une tribune dans The Robot Report : la course au Physical AI sera moins gagnée par celui qui construit le meilleur robot que par celui qui possède la technologie qui détermine son comportement. L’article est une tribune d’un acteur qui vend une plateforme de gestion de propriété intellectuelle, à lire comme telle.
Les arguments
Davies cite le procès intenté en 2022 par Boston Dynamics à Ghost Robotics sur la technologie de récupération après chute, réglé en 2025 : parfois, l’innovation n’est pas le robot mais son comportement. Il recommande de ne pas tout breveter, mais d’identifier une ou deux inventions sans lesquelles le robot ne fonctionne pas, puis de bâtir un anneau défensif de brevets qui rend le contournement coûteux. Il rappelle aussi qu’un brevet est une publication : pour un procédé de fabrication ou une technique de calibration difficile à rétro-concevoir, ou pour la défense, le secret peut être plus rentable. Exemple cité : la startup londonienne KAIKAKU (assemblage de bols alimentaires), qui a breveté son mécanisme de mouvement rapide sans renversement.
Le coût
Une demande européenne correctement rédigée et suivie coûte 13 000 à 18 000 euros ou plus avec les honoraires. Davies estime que l’IA peut accélérer le dépôt jusqu’à 70 %, l’avocat gardant la relecture et la responsabilité.
Lecture Neurone21
Pour une jeune entreprise robotique, la bonne question n’est pas « combien de brevets » mais « quelle invention empêche un concurrent de nous copier ». Le tri brevet ou secret doit se faire avant la première démonstration publique, pas après la Série A.