
Le fait
Moonshot AI a publié sur Hugging Face les poids de Kimi K3.1 Pro, c’est-à-dire les paramètres du modèle, que l’on peut télécharger et faire tourner soi-même. Le laboratoire avait promis cette publication d’ici le 4 novembre lors du lancement du 23 octobre (voir notre billet). Le blog du moteur d’exécution vLLM, daté du 4 novembre, annonce une prise en charge dès le premier jour.
Contexte
La fiche du modèle donne ses caractéristiques :
- une architecture à mélange d’experts : 2 800 milliards de paramètres au total, dont 104 milliards actifs à chaque jeton (un jeton est un fragment de mot), avec 896 experts, dont 16 choisis pour chaque jeton, plus 2 experts partagés ;
- un contexte d’un million de jetons (1 048 576), texte et image ;
- des poids quantifiés en MXFP4 (une représentation sur 4 bits, qui réduit la mémoire nécessaire) avec un entraînement prévu pour cela ;
- un accès par API (modèle « kimi-k3.1-pro », compatible OpenAI et Anthropic) et des moteurs recommandés : vLLM, SGLang et TokenSpeed.
Moonshot publie ses scores, avec le niveau d’effort de raisonnement au maximum : 65,7 sur Terminal-Bench 4.0 (Claude Opus 5.5 : 66,4 ; GPT-6 Astra : 58,2), 92,1 sur BrowseComp, 70,0 sur HLE avec outils et 94,2 sur GPQA-Diamond. Les mêmes tableaux montrent des écarts : 31,5 sur ProgramBench contre 50,0 à 65,0 pour les trois modèles fermés comparés, et 74,7 sur ExploitBench (exploitation de failles) contre 83,0 à 100.
Pourquoi ça compte
Un modèle de cette taille, téléchargeable, resserre l’écart entre modèles ouverts chinois et modèles fermés américains sur le code et les agents. Pour une entreprise européenne, la question devient celle de la licence, de l’origine et du coût d’exploitation : un modèle de 2 800 milliards de paramètres demande une infrastructure de datacenter, pas un poste de travail.
Lecture Neurone21
La fiche indique que le modèle est publié sous la « Kimi K3.1 Pro License » : ce n’est ni Apache 2.0 ni MIT, et nous n’avons pas lu les conditions d’usage, donc nous ne pouvons pas dire si l’usage commercial est libre. Les scores sont ceux de Moonshot ; plusieurs tests sont internes à l’entreprise et aucune évaluation indépendante n’est jointe. À suivre : le texte de la licence et les premières mesures de tiers.